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Édito – Novembre 2019

Bioéthique : le cri d’un éducateur

Voici donc qu’une soixantaine de députés ont légiféré pour faire passer le droit de la femme à avoir un enfant avant le droit de l’enfant à avoir un père ! Le désir de l’adulte passe ainsi avant le respect de l’enfant. Alors que l’on pouvait se réjouir, durant ces dernières décennies, de voir les pères s’impliquer davantage dans la prise en charge quotidienne du petit enfant, voici qu’au nom d’une soi-disant modernité, qui signifie en fait un véritable retour en arrière, la société se déclare prête à gommer complètement le rôle du père. Elle le juge superfétatoire, en ce qui concerne le développement de l’enfant. (…) Pour ma part, ayant travaillé durant plusieurs décennies à la direction de foyers relevant de la protection de l’enfance et habilités par le ministère de la justice, je puis témoigner que la plupart des adolescents que j’ai pu accueillir, auteurs de comportements particulièrement problématiques au regard de la loi, avaient le plus souvent pour caractéristique commune l’absence du père dans leur milieu familial. Bien des juges pour enfants le confirmeront. Bien sûr, il ne faut pas généraliser. Et on me dira que bon nombre d’enfants grandissent de manière équilibrée au sein de familles monoparentales ou homoparentales. Ils témoignent de leur bonheur de vivre, alors que d’autres enfants grandissant dans des familles dites « traditionnelles » peuvent être victimes de maltraitance. Tel est l’argumentaire qui ne cesse de circuler aujourd’hui sur tous les plateaux de télévision, et qui est repris par la ministre de la santé. Mais j’oserai une parabole, qu’il ne s’agit pas bien sûr de prendre à la lettre. Loin de moi en effet l’idée de vouloir comparer difficulté d’ordre psychologique et handicap physique ! Je connais des enfants nés « sans bras » qui sont heureux de vivre. Ils grandissent dans un environnement familial épanouissant. Alors que d’autres enfants, valides, vivent de grandes perturbations au sein d’une famille disloquée. Ceci est indéniable ! Mais, fort de ce constat, il ne viendrait à l’idée de personne de programmer la naissance d’enfants « sans bras ». (…) Puissent les jeunes de demain ne pas reprocher aux adultes que nous sommes aujourd’hui d’avoir voulu sciemment effacer le rôle du père !

Père Jean-Marie Petitclerc, salésien de Don Bosco